Mon esthéticienne était une psychopathe


***

Aller chez l’esthéticienne n’est pas toujours une partie de plaisir. Je tempère parce que des fois, on peut juste y aller pour se faire faire un massage, un soin du visage ou du corps, une manucure ou pédicure, etc. Mais, quand on va chez l’esthéticienne, c’est aussi et surtout (pour ma part) pour… l’épilation ! Eh ça… Selon que l’esthéticienne est ou n’est pas une tortionnaire psychopathe, tout peut bien se passer comme ça peut être la fin du monde. Je vais vous raconter une expérience que j’ai pu avoir chez une esthéticienne que je soupçonne être une vraie (de vraie) psychopathe.

Avant toute chose, laissez-moi vous dire que le choix de l’esthéticienne est essentiel. Mais en vrai, quand on débarque dans un nouveau centre d’esthétique (soit parce que l’on vient d’arriver dans une nouvelle ville à la suite d’un déménagement, soit parce que l’on en change tout simplement à cause d’une mésaventure), on ne connaît pas toutes les esthéticiennes et le sadisme ne se lit pas sur le visage, malheureusement. Il faut donc jauger, estimer, essayer de déceler parmi celles qui paraissent plus sadiques que les autres, en sachant que la plupart du temps, ce n’est pas vous qui choisissez votre esthéticienne. On vous en assigne une d’office et c’est comme ça et puis c’est tout. La phase d’observation n’a pour réel intérêt que de vous permettre une préparation psychologique à la séance de torture ou de douceur qui vous attend (bon, soyons sérieux deux minutes : se faire épiler, ce n’est jamais « doux », m’enfin).

Arrive le moment du tête-à-tête. La cabine. L’épreuve. Bien sûr, l’esthéticienne essaye d’échanger des courtoisies du genre : « Bonjour, comment allez-vous ? » ;  « Alors, qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? ». Et moi qui ne peux m’empêcher de me dire « oui oui, bonjour bonjour, mais on va déjà essayer de ne pas me faire mal, voilà ce qu’on va faire aujourd’hui ». A croire que quand je ne connais pas le centre d’esthétique, l’appréhension prend le dessus et je me transforme en une espèce de « rageuse » de tout. Intérieurement bien sûr, jamais en apparence. Non, en apparence, je suis douce comme un agneau. Je souris. Je parais sereine. En apparence.
C’est étrange parce que j’ai beau savoir à quoi m’attendre, le simple fait de changer d’esthéticienne peut tout bouleverser. Si je connais pas, je n’ai pas confiance, j’appréhende et ça me fait nécessairement plus mal que d’habitude. Ah le mental, c’est vraiment quelque chose quand même. Bref.

À ce moment là, alors que vous êtes allongées sur la table (dont le confort varie, avouons-le), arrive l’instant où l’esthéticienne se penche au-dessus de la zone à épiler, observe et commente.
– « Ça fait combien de temps que vous vous épilez ? » ; « oula, ils poussent dans tous les sens ! ».
Ah oui, donc maintenant, ça se permet de se foutre de la tronche de vos poils, génial ! Et pour une raison obscure, vous allez juste se contenter de sourire et d’acquiescer. Soit. On va dire que c’est la politesse qui veut cela.

Et le moment fatidique, tant redouté arrive. La cire. Votre chère esthéticienne vient vous badigeonner la zone à épiler de cire, tout en vous demandant « ça va, ce n’est pas trop chaud ? » et au départ, non, ce n’est pas « trop » chaud. La sensation de chaleur est plutôt agréable, au contraire. Mais plus vous sentez qu’elle étale la cire, plus vous réalisez qu’il faudra qu’elle la retire, toute cette cire… Petit à petit, elle tapote sur la cire qui sèche tranquillement et soudain, elle arrache le bout de cire qui était une seconde plus tôt collée à votre peau et à vos poils. Misère ! À ce moment là, vous en venez à croire qu’elle est partie avec un morceau de votre chair. Et si vous croyez qu’elle va appuyer légèrement sur la zone pour atténuer les effets de brûlure/douleur, vous vous méprenez ! Ah non. Notre chère amie psychopathe est déjà en train d’arracher la cire de l’autre côté, si bien que votre corps n’est plus que douleur. Et alors que vous sentez le premier côté se rétablir tant bien que mal, elle est déjà en train de le re-badigeonner de cire. Et si la première fois, la cire vous semblait à une bonne température, désormais, elle vous brûle franchement ! Et bien sûr, l’esthéticienne aura le toupet de demander si « la température, ça va toujours ? » alors que de toutes manières, elle vous a déjà collé la cire brûlante sur le corps et que vous sentez votre peau quasiment fondre sous la texture sucrée. Et pour ne pas contrarier qui que ce soit, vous souffrirez en silence, en arrachant tant bien que mal un « ça va ». Mais ce que vous voulez vraiment lui dire s’apparente plus à un « est-ce que j’ai l’air d’aller bien, connasse ? J’suis sûre que là où tu es, tu entends ma peau frire ». Et bien évidemment, à ce niveau, une bonne série de noms d’oiseau sont déjà passés par votre tête.

L’épilation se poursuit, vous souffrez toujours. Et quand vous savez que vous êtes venu pour faire la total (sourcils, aisselles, maillot, jambes), croyez-moi, vous commencez à prier et à vous dire que ça va être long. Très long. À cet instant, il vous faut trouver une solution pour vous apaiser. Vous commencez à entrer dans vos pensées, réfléchir à plus tard, lorsque tout cela sera terminé et que votre peau sera douce et lisse. Vous pensez au fait que vous serez tranquille pendant plusieurs semaines. Que cette souffrance n’est pas vaine. Et que de toutes les façons, vous ne reviendrez jamais, Ô grand jamais, dans ce centre d’esthétique. Bref, vous vous déconnectez tant bien que mal. Du moins, vous tentez car les phases où notre chère psychopathe (oui, on a perdu le « esthéticienne en cours de route, elle ne le mérite pas) arrache comme une sauvage vos poils sans même essayer, un tantinet soi-peu, de vous apaiser, vous sortent brutalement de vos pensées.

Maintenant que votre peau est rouge et quasiment à vif, la psychopathe s’arme de sa pince à épiler. Alors, vous savez qu’elle va vous achever bien comme il faut. Mais en même temps, vous vous dites que c’est bientôt (enfin) terminé. Alors vous serrez les dents. Et quand vous pensiez que ça ne pouvait pas être pire, puisqu’à un certain seuil, votre corps n’étant plus que douleur… Eh bien à priori, un peu plus, un peu moins, vous ne le ressentiriez pas. Détrompez-vous ! Elle arrive à frotter tellement fort la pince à épiler contre votre peau, quand elle ne se contente pas de pincer votre peau à la place d’un poil, que si votre peau n’était pas encore à vif, elle parvient à vous l’ouvrir carrément. Sans oser dire quoi que ce soit, votre corps finit par réagir par lui même, de manière instinctive. Vous vous sentez bouger si bien que la psychopathe fini par se rende compte que vous souffrez. Et elle qui vous lâche un « c’est bientôt fini, ne vous inquiétez pas ». Ah, ma cocotte, à ce stade, je ne m’inquiète plus ! Ah non, c’est fini ça. Là, l’énervement et la douleur ont effacé toute once d’inquiétude. Et lorsque finalement, vous entendez « voilà, on a fini », un sentiment de soulagement vous envahi. Vous n’y croyez pas vos oreilles. Votre corps, toujours saisi par la douleur, ne bouge pas. Vous êtes là, immobile, appréhendant le moment où il vous faudra remettre vos vêtements qui vont frotter les parties de votre corps désormais imberbes et sensibilisées. La seule pensée de quitter cet endroit, de vous éloigner de cette psychopathe chronique, vous redonne la force nécessaire pour enfiler en deux temps trois mouvements, vos vêtements, vos chaussures, payer et quitter les lieux.

L’aventure n’est pas réellement finie car lorsque vous rentrez chez vous et que vous prenez votre douche, vous repenserez à cette psychopathe lorsque vous sentirez l’eau vous brûler à divers endroits. Et alors vous savez. Vous savez que tous ces picotements sont en fait toutes les zones où elle vous a blessé. Les jours qui suivent, vous allez constater qu’effectivement, votre tortionnaire ne vous a pas épargné et que vous cicatrisez peu à peu. Vous vous dites que plus jamais vous ne remettrez les pieds là-bas, que c’est inadmissible que l’on vous blesse à ce point, qu’ils ne devraient pas avoir le droit d’exercer et que vous leur ferez de la mauvaise publicité.

Je précise que je ne change pas d’esthéticienne tous les quatre matins, bien au contraire. Mais c’est arrivé à plusieurs reprises, à cause des déménagements notamment. Et qu’il m’est arrivé cette expérience deux fois. DEUX. Désormais, j’ai une esthéticienne chez qui je vais systématiquement et qui ne me déçoit jamais. Et c’est un pur bonheur.

***

Et vous, avez-vous déjà eu de mauvaises expériences chez une esthéticienne ?



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• Curly Hecstuli •

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4 réflexions sur “Mon esthéticienne était une psychopathe

    1. Non mais franchement ! Moi aussi j’ai ensuite opté pour l’option « je le fais moi même à la maison ». Puis depuis que j’suis revenue là où j’habitais avant, j’ai retrouvé mon esthéticienne chouchou et depuis j’y vais toujours. C’est l’option la plus simple et pratique pour moi x). Et puis c’est parfaitement fait ! Moi, j’suis pas une pro. Haha.
      Bisous

      Aimé par 1 personne

  1. Ah, c’est une vraie torture mais ce n’est pas normal que tu souffres encore après, elle a vraiment du te rater, je n’imagine même pas, ce n’est jamais agréable mais là elle t’a bien loupé et tu as raison le choix de l’esthéticienne est important mais quand tu ne connais pas tu y vas un peu au pif…

    Aimé par 1 personne

    1. Oui elle m’avait râté et blessé. Pour le coup, j’en ai encore des cicatrices, c’est dire. J’aurais largement pu me plaindre ou autre mais enfin. Je me suis contentée de ne jamais y retourner et de conseiller les gens que je connaissais de ne pas y mettre les pieds. Et puis, peut-être que je n’ai juste pas eu de chance ce jour-là et que c’était la seule à être mauvaise..

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