Désespoir, contre toi je lutterai


« Si vous me réduisez au désespoir, je vous avertis qu’une femme en cet état est capable de tout » (Molière)


 Hello les Amies,

Dans la vie, tout n’est pas toujours rose. On le sait toutes. Aujourd’hui, j’aborde un sujet très personnel qui me pèse et c’est ici que je choisis de vider (un peu) mon sac. Je m’excuse parce que cet article ne sera pas couvert de bonne humeur ni tout le bazar et ne fera pas écho à mon article précédent sur la journée internationale du câlin. C’est juste un article personnel.


« Le désespoir, c’est quand l’intelligence prend la souffrance à son compte » (Georges Perros)

Le peu d’entourage que j’ai vous dira que je suis quelqu’un de positif et qui respire la joie de vivre. Toutefois, plus les jours passent et plus il m’est difficile de remplir ce rôle parce qu’un mal-être investit de plus en plus mon corps. Comme vous ne le savez pas encore, je suis à la recherche d’un emploi. Je suis diplômée d’un master II depuis un petit moment donc à priori, j’ai au moins un petit bagage derrière moi. Mais la réalité est ainsi faite qu’aujourd’hui, avoir un bac + 5 est soit totalement insuffisant parce que je n’ai pas l’expérience, soit carrément trop pour obtenir un job. Me voilà donc, une jeune femme de 24 ans, diplômée d’une grande université depuis 1 an et demi, sans emploi et « coincée » entre le trop et le pas assez pour obtenir un emploi.

Comme un problème ne vient jamais seul, en novembre et décembre derniers, j’ai cru que j’allais toucher le fond quand ma santé a décidé de joindre la fête en me laissant tomber, lentement mais sûrement. Avec les problèmes de santé viennent les frais de médecin, d’hôpital et tout ce qui va avec. À ce moment, tu te demandes si tu es carrément malchanceuse ou si l’univers cherche juste à tester ton seuil de tolérance.


« Le désespoir est un plat qui, invariablement, revient sur notre table » (Adolf Rudnicki)

Heureusement, à la fin décembre, et pour une raison inexpliquée jusqu’à ce jour, j’ai réussi à reprendre du poil de la bête. Mieux encore, je reçois une convocation pour un entretien concernant une candidature que j’avais formulée en octobre. Je réunis toutes les forces que je peux même si je suis en convalescence, je parviens à monter sur Paris à temps pour passer l’entretien pour le boulot de -presque- mes  rêve. « Nous vous recontacterons début janvier pour une prise de poste à la mi-janvier » m’ont-ils dit. Apparemment, la chance voulait tourner en ma faveur, pensais-je. Eh non, malheureuse ! Ce que tu peux être naïve, ma chère. Non seulement ces braves gens ne m’ont pas recontacté (si vous êtes surprises, avec du recul, je ne le suis plus tellement) mais lorsque j’ai pris mon courage pour les relancer, j’ai reçu (deux jours après ma relance !) une réponse me signalement que « malgré tout l’intérêt de ma candidature et mes compétences »… Bref, ai-je réellement besoin de développer leurs propos ? On connaît la chanson donc pour faire court, je n’ai pas été retenue. Bon, je vous avais spoilé la fin de l’histoire lorsque je vous ai dis, ci-dessus, être à la recherche d’un emploi. C’est loin d’être mon premier refus, mais ça a été une grosse déception parce que ce poste me plaisait énormément mais aussi parce que le jury de sélection m’a vraiment laissé croire que mon entretien m’ouvrirait des perspectives. Ou peut-être me suis-je fais des films, tant mon espoir était grand ?

Bref. Un échec de plus (je vous épargne mes nombreux entretiens et échecs précédents ainsi que le nombre incalculable de candidatures restées ignorées). Depuis je tente de faire mon deuil et de continuer. Sauf que lorsque vous avez fait 5 années d’études à 8 000 km de chez vous, que vous vous êtes saignée pour être une excellente élève et mettre toutes les chances de votre côté, cette claque (enchaîner refus sur refus, je veux dire) fait mal. Je ne fais pas mon Calimero mais mon sentiment d’injustice peut se comprendre, surtout lorsque je sais que le refus repose sur un manque d’expérience. Je sors de l’université, comment puis-je avoir au moins 5 ans d’expérience derrière moi ?! Et si ces personnes qui me reprochent ce manque ne me donnent pas une chance de débuter, comment suis-je censé pallier ce manque ? Vous voyez le cercle vicieux ?


« Le désespoir est le suicide du cœur » (Jean-Paul Richter)

Et alors Pôle emploi… Y aller lorsque vous avez un bac + 5, c’est presque perdre votre temps. Je dis presque car si vous avez un peu travaillé, vous pourrez toucher le chômage. Personnellement, ça ne me sert à rien puisque je ne bénéficie d’aucune indemnité (parce que je n’ai pas encore travaillé et que j’ai moins de 25 ans) et qu’en plus ma conseillère m’a dit « je ne sais pas comment je pourrais vous aider, vu votre niveau d’études ». Ah. Je finis par croire que je n’aurais pas dû faire d’études, et me contenter de commencer à chercher du boulot dès mes 17 ans, lors de mon obtention du bac. Peut-être aurais-je eu plus de chance.

Vous me direz, je peux me lancer en tant qu’auto-entrepreneur ? J’y ai pensé et j’y pense constamment. Encore faut-il avoir LA bonne idée, apporter quelque chose au marché pour se lancer et bien jouer son coup.

Aujourd’hui, je suis toujours à 8 000 km de chez moi et de ma famille. Je n’ai pas de réseau dans ma ville, pas de connaissances qui pourraient m’aider à trouver un emploi, rien. Peut-être devrais-je rentrer chez moi ? Mais je sais que la situation n’y est pas plus avantageuse pour moi. Du reste, j’ai tenté de rentrer. J’avais même obtenu d’un patron d’une entreprise qu’il souhaite me faire une promesse d’embauche. Puis finalement, pour X raison, il a reporté et depuis, malgré les relances, je n’ai aucune nouvelle. À croire que quelque chose veut m’empêcher de travailler.

D’accord, le travail, ce n’est pas « tout » mais c’est fondamental pour certaines personnes, dont je fais partie. J’ai besoin de travailler, de me sentir utile dans mon domaine, de gagner mon propre argent, de pouvoir acquérir mes propres biens, de planifier des vacances… Ma vie personnelle prend un sacré coup parce que je ne travaille pas. Je ne suis pas moi-même, je ne me sens pas complète, aboutie. Il me manque quelque chose et ça se ressent. Mon compagnon voit bien que je suis différente de celle qu’il a rencontré (pendant mes études).


« L’habitude du désespoir est plus terrible que le désespoir lui-même » (Albert Camus)

Je n’arrive plus à positiver quand je pense au travail. Le pire, ce sont les sentiments et les idées noires qui viennent me hanter au fur et à mesure que les faux espoirs se multiplient. J’en viens à me sentir incapable, diminuée, nulle en tout point, me répétant que si ce n’était pas le cas, je ne serais pas constamment refusée. L’estime de soi comme la confiance en soi s’évaporent. Mais le pire, c’est ce sentiment de honte qui ne me quitte plus lorsque le sujet professionnel est abordé par qui que ce soit. Honte de ne pas être capable de rendre fier mon compagnon, ma famille, moi-même en réussissant professionnellement. Bien sûr, ils me disent que « ça va venir », de « tenir bon ». Pour moi, c’est du vent. Je peux chercher autant que je veux, postuler autant que je veux, le résultat ne change pas.

Je crois avoir compris ce qu’il faut, ou plutôt ce qu’il ne faut pas être aujourd’hui, pour trouver un travail. C’est plutôt simple (notez l’ironie de cette phrase). Il suffit de n’être ni débutant ni sans expérience ; ne pas être trop jeune ; ne pas être trop vieux ; ne pas être formé sur un domaine trop précis ; ne pas avoir un profil professionnel atypique ; ne pas être en reconversion professionnelle ; ne pas manquer de pistons ; ne pas être vous-même. Si vous n’avez/n’êtes pas tout ça, peut-être que vous décrocherez, hypothétiquement, un travail. Au moins, je n’ai pas totalement perdu mon sens de l’humour dirons-nous.


« L’action est l’antidote du désespoir »(Joan Baez)

Quoiqu’il en soit, je reste ravie que ma santé aille mieux, c’est toujours ça de pris. Pour le reste… Mon moral tend à se dégrader de manière constante mais j’essaye de tenir bon. Pour cela, je me donne les moyens de m’occuper, me découvrir de nouvelles passions, tenir mon blog de la meilleure façon possible et m’épanouir au mieux. Tentons de rester positif malgré tous, les amies ! N’oublions pas que comme le disait Voltaire, « souvent, le désespoir a gagné des batailles ».

Si jamais quelqu’un est dans le même état d’esprit, que ce soit pour la même raison ou autre chose, sachez que vous n’êtes pas seul et que je suis prête à ce que l’on se serre les coudes. La vie reste belle, malgré les difficultés. Sur ces douces paroles, je vous dis courage et à très bientôt les Amies.


 

Curly Hecstulï

 

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8 réflexions sur “Désespoir, contre toi je lutterai

  1. Hello !

    Je comprends totalement ton article et le fond de ta pensée. C’est sûr que ce n’est pas évident quand on a un bac +5 et des années d’études derrière soi. Mais effectivement, le marché du travail demande un minimum d’expérience. Tu as fait des études de quoi exactement ? 🙂

    Sache qu’il n’est jamais trop tard pour trouver quelque chose et qu’il faut juste être persévérant, ne pas baisser les bras et continuer de chercher, de postuler. Un jour, ça paiera.
    La patience, le courage et la persévérance sont les clés pour réussir. Ce n’est pas toujours facile mais si tu as le soutien de ta famille et de ton compagnon, c’est essentiel pour avancer.
    Le reste, c’est à toi de travailler sur toi-même et d’essayer de voir toutes les possibilités possibles et donc de t’ouvrir à de nouvelles choses (nouvelles formations rémunérées, autres domaines que tu peux exploiter ? etc).

    En attendant, profites des belles choses qui t’arrivent au quotidien comme le rétablissement de ta santé et ton blog par exemple. Les idées te viendront avec le temps!

    Des bisous.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton commentaire. J’ai fais des études de droit (international et européen). Je suis d’accord et je suis ouverte à beaucoup de choses. J’en suis à un point où je suis prête à travailler juste pour travailler, peu importe le domaine. Donc oui, je continue de postuler mais ma motivation s’amenuise petit à petit. Par contre, effectivement je suis ravie d’aller mieux et ça m’a pas mal fait relativiser. Merci pour ton message remotivant en tout cas ! Bisous.

      Aimé par 1 personne

      1. Je t’en prie. 🙂
        Je te comprends tout à fait dans ta remise en question vu que c’est ce qui arrive à pas mal de mes amis.

        Mais bon, comme mon grand père me le rappelle souvent, ce n’est pas parce qu’on a fait de longues études que nous sommes inutiles et que nous sommes obligés de ne rester que dans ce domaine. 🙂 Essaie de voir directement dans les cabinets de conseil ou dans des entreprises liées à l’international. C’est pas évident d’être accepté mais à force de persévérance et en montrant ta motivation malgré tout, tu seras prise ! J’en suis certaine. 😀

        Nous avons tous des compétences (en plus de celles qu’on a acquises en étudiant) que l’on peut faire profiter aux autres. A nous d’être malin et de voir le monde autrement.
        Courage.

        Aimé par 1 personne

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